mardi 6 mars 2007
L'Ethiopie combat la malnutrition des enfants
par Virginie Gomez
Ecouter le reportage audio (2 min)
«Le Plumpy nut, c'est un produit très dense pour un volume minimal.»
En Ethiopie, une usine vient d'être inaugurée pour produire le «Plumpy nut», un produit destiné à combattre la malnutrition des enfants. Cette usine a été construite en partie avec l'investissement d'une riche américaine. Le patron et les 22 employés sont Ethiopiens, la franchise et l'expertise sont françaises.
Source : RFI actualité, 6 mars 2007
mardi 3 octobre 2006
L'Ethiopie découvre son « Ile aux enfants »
Tsehai, une girafe aux grands yeux noirs et roses, apprend aux enfants
éthiopiens à compter, respecter la nature, faire bouillir l’eau avant
de la boire. Cette « île aux enfants » éducative, conçue avec des
marionnettes faites maison, est une première à la télévision en
Éthiopie.
« Pour les enfants de trois à six ans en Éthiopie, il n’y a pas grand-chose en terme d’éducation publique. Seule une minorité de parents peut envoyer ses enfants dans une crèche privée, les autres restent généralement à la maison ou jouent dans la rue. Il y avait donc vraiment un vide à combler », explique la cofondatrice de cette émission, l’Éthiopienne Bruktawit Tigabu, 25 ans.
Avec son mari ingénieur, le jeune couple, équipé d’un ordinateur portable et de marionnettes faites maison, a commencé il y a deux ans la création des premiers épisodes de Tsehai adore apprendre en langue amharique (langue officielle en Éthiopie). Une façon pour l’institutrice éthiopienne et l’ingénieur informatique américain de conjuguer leurs talents respectifs et leur passion pour l’Éthiopie, où ils se sont rencontrés en 2003. Depuis, la petite girafe jaune et rouge « Tsehai » (soleil en amharique) est devenue « leur premier enfant ».
« De nombreuses études ces 35 dernières années ont montré les bénéfices de ces émissions éducatives pour les petits. Nous voulions faire profiter les enfants éthiopiens de ces avantages », raconte à l’AFP l’époux de Bruktawit, Shane Etzenhouser, 35 ans.
L’émission, première du genre
en Éthiopie, a été diffusée pour la première fois le 17 septembre sur
la chaîne publique Ethiopian TV, la seule qui existe. Chaque épisode de
8 à 10 minutes est conçu comme une leçon pendant laquelle Tsehai défend
des valeurs comme la persévérance et le travail, et donne des rudiments
de mathématiques et d’anglais.
« Grâce aux marionnettes et à
l’animation, nous pouvons rendre plus concrets certains problèmes comme
ceux de l’hygiène. Dans un épisode, nous montrons les parasites qui
sont dans l’eau et qui risquent de faire du mal à Tsehai », explique
Shane. « Nous pensons que les jeunes enfants sont la tranche d’âge où
il est vraiment possible de faire une différence », ajoute Bruktawit,
qui a créé les personnages de l’émission.
Autour de Tsehai, ses parents et grands-parents girafes, mais aussi une tortue centenaire, un chien et un mouton, peuplent les différents épisodes qui se déroulent sur les hauts plateaux abyssins. La population éthiopienne, l’une des plus pauvres au monde, a encore peu accès à la télévision, mais selon les projections de Shane basées sur un recensement du gouvernement réalisé en 2002, 2,2 millions d’enfants sur une population éthiopienne de 77 millions d’habitants devraient pouvoir regarder les aventures de Tsehai. Huit épisodes, dont quatre ont été financés par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation et la culture (Unesco), ont été réalisés et doivent être diffusés chaque semaine. Trente autres aventures de Tsehai ont déjà été écrites, mais le couple cherche encore des financements, sachant qu’un épisode coûte environ 4 800 dollars.
« Le fait d’utiliser des marionnettes permet de réduire les coûts par rapport à un dessin animé classique. Nous avons pensé que ce type d’émission serait dans l’ordre de ce que le pays pourrait financer à terme », justifie Shane qui anime les marionnettes avec sa femme et réalise les décors sur son ordinateur. « La prochaine étape sera de la diffuser en oromifa (la langue de l’ethnie oromo, la plus importante du pays), puis peut-être en swahili et d’autres langues africaines », rêve à voix haute Bruktawit. « J’aimerais qu’un jour toute l’Afrique puisse bénéficier de ce genre de programme », conclut-elle.
Source : Annecom, 3 octobre 2006
mercredi 28 juin 2006
En Ethiopie, les écoles se vident alors que la sécheresse continue à faire ressentir ses effets
Par Andrew Heavens
GODE, Région de Somali, 28 juin 2006 - Mahad Muhumud Yussuf aimait beaucoup se rendre à l'école avec sa grande soeur.
Abdi Mohammed, 12 ans, devant l'école primaire de Hadawi qui a dû fermer à cause de la sécheresse.
«Nous y allions à pied ensemble, raconte Mahad, 12 ans. Nous apprenions nos leçons ensemble. Quand je ne connaissais pas une réponse, c'est elle qui me la donnait.»
Ceci, c'était avant que la sécheresse ne commence à s'étendre autour de sa maison de Gode, une ville animée d'Ethiopie dans la lointaine région de Somali située à quelques centaines de kilomètres de la frontière somalienne.
Le petit troupeau familial de brebis et de chèvres a commencé à mourir, ce qui a porté un rude coup au revenu du foyer et à ses ressources en alimentation de base. Les parents de Mahad ont alors décidé qu'ils n'avaient pas d'autre choix que de retirer Ayan de l'école primaire de Dolal et de l'envoyer travailler pour améliorer les finances familiales.
Ayan, 14 ans, a dû troquer ses livres d'école contre les corvées quotidiennes d'une bonne. Elle n'est pas la seule.
Plutôt que d'aller à l'école, un jeune berger, en quête de pluie, conduit le cheptel familial à
l'extérieur de la ville de Gode, dans la région éthiopienne de Somali
ravagée par la sécheresse.
« Certains d'entre eux disparaissent comme ça »
Cette année, plus de 150 enfants on été retirés de l'école primaire de Dolal, à Gode, pour toutes sortes de raisons liées à la sécheresse. Beaucoup d'entre eux sont des enfants de pastoraux qui ont dû tout simplement partir avec leurs troupeaux à la recherche de meilleures pâtures.
Dès le début du mois de mai, huit des 31 écoles de Gode et de ses environs, où vivent 500 000 personnes, ont fermé. Les autres écoles ont subi un taux d'abandon similaire à celui de Dolal, affirment les responsables de l'enseignement locaux.
«Nous avons constaté beaucoup d'abondons scolaires de ce type depuis que la sécheresse a débuté, affirme Mahmoud Abdullahi, le directeur des écoles de Dolal. Certains disparaissent juste comme ça. Certains viennent une journée puis vous ne les voyez plus les deux ou trois jours suivants. La plupart d'entre eux travaillent. Ils cirent des chaussures ou cherchent simplement de la nourriture.»
Beaucoup de ces enfants qui restent à l'école on aussi été touchés par la sécheresse. « Des enfants qui ont faim ne peuvent rien comprendre à leurs cours, affirme Mahmoud Abdullahi. J'ai pu observer cela personnellement. »
Mahad Muhumud Yussuf, 12 ans, fréquente l'école primaire Dolal mais ses
parents ont dû retirer sa sour de l'établissement pour l'envoyer
travailler comme bonne.
Les moyens d'action contre la sécheresse sont tournés vers l'enseignement
Au début, l'intervention de l'UNICEF contre la sécheresse -- qui s'est étendue au-delà des frontières de l'Ethiopie pour toucher l'ensemble de la Corne de l'Afrique durant les premiers mois de cette année -- avait pour but principal de sauver des vies.
L'UNCEF a ainsi contribué à la mise en place d'un approvisionnement d'urgence en eau, a financé la vaccination de plus de 800 000 enfants dans la région de Somali contre la rougeole - une cause majeure de mortalité chez les enfants lors de la dernière grande sécheresse de 2000 -, a fourni des aliments thérapeutiques aux centres de traitement et envoyé des équipes sanitaires mobiles capables de se déployer rapidement dans la région.
La deuxième phase de l'intervention de l'UNICEF, aujourd'hui en cours d'exécution, inclut un éventail d'actions conçues pour protéger l'éducation des enfants ainsi que leur santé, leur nutrition et leurs ressources en eau. Des dispositifs sont en place pour commencer une analyse en profondeur du système d'enseignement dans la région, financer la formation de nouveaux d'enseignants, assurer un enseignement élémentaire et la présence de matériel de loisirs.
Parallèlement, d'autres programmes relevant de la santé, de la nutrition et de l'approvisionnement en eau salubre contribueront à stabiliser quelque peu la vie des pastoraux. Ils leur permettront aussi d'avoir la chance de pouvoir renvoyer leurs enfants à l'école.
A l'école primaire de Hadawi, Mohamud Garane, le chef de l'établissement, est assis dans une classe vide.
Les écoles fermées étaient déjà très perturbées
«Le système éducatif de la région éthiopienne de Somali connaissait déjà de sérieuses perturbations, même avant la sécheresse, affirme la Responsable de l'éducation en Ethiopie pour l'UNICEF, Augustine Agu. « Le taux d'inscriptions scolaires y était un des plus faibles du pays : 21% au total contre une moyenne nationale de 79%. »
«A ce moment-là, tout ce qu'il fallait était fourni en quantités insuffisantes, qu'il s'agisse de classes, de mobilier, de manuels scolaires, d'équipements sportifs ou de toilettes, poursuit Augustine Agu. La sécheresse, bien sûr, a rendu tout cela encore pire. Dans certains cas, l'insécurité qui a suivi et l'effondrement des structures sociales a forcé des communautés entières à abandonner leurs foyers. Les enfants ont été emmenés et privés d'un de leurs droits les plus élémentaires : une éducation.»
C'est exactement ce qui s'est produit à une heure de conduite au nord de Gode, dans le petit village de Hadawi.
«La plupart des enfants sont partis voici deux semaines, affirme le directeur de l'école primaire de Hadawi, Mohamud Garane. Les enseignants ont fini de corriger les examens puis ils sont partis. Alors nous avons fermé l'école.»
Des 400 élèves d'origine, quinze seulement subsistent, errant parmi les bâtiments déserts de l'école située à l'extérieur du village. «Presque tout le monde est parti, dit Abdi Mohammed, 12 ans. Mais les plus pauvres, ceux qui n'ont pas d'animaux, sont restés.»
«J'attends de pouvoir retourner à l'école, ajoute-t-il. Je veux aller à l'université. Je veux voir le monde.»
Voir la vidéo associée à cet article (en anglais)
Source : UNICEF, 28 juin 2006
lundi 19 juin 2006
L'enseignement élémentaire alternatif rapproche de leurs rêves les enfants des tribus pastorales
Par Indrias Getachew
ADDIS ABEBA, Ethiopie, 19 juin 2006 - Medina Humed Ahmed, 10 ans, confie ses rêves d'avenir.
Medina Humed Ahmed (au centre), 10 ans, en rang avec d'autre fillettes
se préparant à entrer dans l'école d'enseignement élémentaire
alternatif Galifega, en Afar, Ethiopie.
« Je veux conduire un de ces véhicules tout-terrain et je veux aussi prendre l'avion », affirme-t-elle en pointant un doigt vers le ciel sans nuages du désert de la région Afar, en Ethiopie. Ses paroles provoquent chez les membres de sa famille un tonnerre d'applaudissements.
A l'opposé de la confiance qu'elle affiche aujourd'hui, Medina, il y a seulement deux mois, n'était pas du tout certaine de quoi serait fait son avenir. A ce moment, elle passait la plupart de son temps à aider sa mère pour les tâches ménagères. Son contact avec le monde extérieur était limité à aller chercher de l'eau et du bois de chauffage et à sortir les brebis et les chèvres pour leur trouver une pâture.
Mais aujourd'hui, Medina va à l'école - une chance qu'elle doit,
elle et les autres enfants de pastoraux, au programme d'Enseignement
élémentaire alternatif (ABE) actuellement mis en place par le Bureau de
l'Education de la Région d'Afar, avec le soutien de l'UNICEF.
Enfants de pasteurs
L'Afar, où Medina vit avec sa famille, possède une population de plus d'un million de personnes et est une des régions les plus pauvres d'Ethiopie. Les infrastructures y sont réduites au minimum et on estime que 90 % des enfants en âge d'être scolarisés ne vont pas à l'école. Un score bien pire que la moyenne nationale, déjà faible, de 43%.
Medina puise de l'eau dans un étang qui s'est formé à la suite d'une
inondation récente. Comme tous les enfants de nomades, Medina a
commencé à aider aux tâches ménagères dès son plus jeune âge.
La plupart des membres des tribus de l'Afar sont des pasteurs, leurs vies étant liées au devenir de leurs troupeaux de brebis, de chèvres et de chameaux qu'ils élèvent dans l'un des milieux les plus inhospitaliers de la planète.
Les enfants jouent un rôle crucial au sein du mode de vie nomade. Les garçons, dès l'âge de huit ans, commencent à garder les brebis et les chèvres de leur famille tandis que les filles aident aux tâches ménagères. Medina n'était qu'un cas parmi tant d'autres chez les nombreux enfants de pastoraux auparavant dépourvus de toute chance de faire valoir leur droit à l'éducation.
Responsabilités scolaires et familiales en même temps
Le programme ABE constitue une réponse à l'urgence d'un enseignement adapté aux nécessités et aux contraintes particulières de la vie pastorale. Il offre un emploi du temps scolaire flexible qui permet aux enfants d'assumer leurs responsabilités familiales tout en trouvant du temps pour l'école. Les enseignants ont une connaissance intime de la communauté et comprennent le mode de vie pastoral.
«Enseigner est une profession tenue en haute estime par la communauté afar, explique Mohammed Adam Mohammed, 20 ans, facilitateur du programmeABE. Que peut-il y avoir de mieux que d'apporter instruction et savoir aux siens ? Je vis dans la communauté, je dors et mange avec ses membres. S'ils avaient à quitter cet endroit, je partirais aussi avec eux.»
Ces jours-ci, Medina se lève à l'aube et rejoint sont frère Mohammed, 12 ans, pour emmener paître les brebis et les chèvres du cheptel familial. Ils partent tôt afin d'être de retour à temps pour prendre leurs livres de classe. A huit heures, tous deux seront à la porte de l'école pour la mise en rang du matin et les cours avec plus de 40 autres élèves.
Les leçons comprennent un enseignement en langues afar et anglaise, des cours de mathématiques et d'écologie. Les horaires sont choisis par la communauté. Certains cours se déroulent le samedi et l'année scolaire de l'ABE est parfois plus longue qu'une année scolaire normale afin de permettre aux enfants d'avoir le temps d'aller à l'école et d'aider aux tâches ménagères.
Medina (à droite) avec sa grand-mère, Robi Ibrahim, et de deux amies.
Depuis qu'elle est entrée dans une école spécialement conçue pour les
enfants de pastoraux, sa famille a modifié son mode de vie afin que son
éducation ne soit pas interrompue.
Rester avec les enfants
« L'enseignement élémentaire alternatif est en train de faciliter l'émergence d'une nouvelle génération instruite de membres des tribus pastorales en Ethiopie, explique le Représentant de l'UNICEF en Ethiopie, Bjorn Ljungqvist. Si nous voulons réussir à offrir un enseignement primaire à tous les enfants éthiopiens, y compris les filles, les programmes que nous offrons doivent pouvoir intégrer les modes de vie des enfants les plus difficiles à atteindre. »
Pour attirer davantage d'enfants dans les écoles, l'UNICEF est en train de d'élargir son action en Afar. Plus de 150 centres ABE supplémentaires seront bientôt construits, offrant ainsi un enseignement à quelque 7 500 enfants.
Là où les écoles ABE sont opérationnelles, la vie commence à changer pour les pasteurs de l'Afar.
« Je préfère notre vie de nomades parce que je crois qu'elle est mieux pour nous, affirme Robi Ibrahim, la grand-mère de Medina. Mais nous avons décidé de rester ici avec les enfants alors que la plupart des autres adultes s'en vont avec leurs animaux. Pourquoi nos enfants devraient-ils être laissés pour compte quand d'autres vont à l'école ? »
« Seul Allah sait ce que sera l'avenir de Medina mais je crois que l'éducation qu'elle reçoit la préparera à tirer le meilleur parti possible de sa vie », affirme-t-elle.
Voir la vidéo associée à cet article (en anglais)
Source : UNICEF, 19 juin 2006
jeudi 15 juin 2006
En Ethiopie, une éducation meilleure pour un avenir meilleur
Par Andrew Heavens
ADDIS ABEBA, Ethiopie, 15 juin 2006 - Alors que partout dans le monde on se prépare à célébrer la Journée de l'enfant africain - pour l'anniversaire des manifestations historiques organisées par des enfants qui réclamaient une éducation de base et de qualité à Soweto, Afrique du Sud - cette journée revêt également une signification particulière en Ethiopie.
A l'occasion de la Journée de l'enfant africain 2004, des fillettes
remplissent des formulaires pour une « enquête d'enfants à enfants »
sur l'éducation à l'Ecole élémentaire Tiben Menged d'Addis Abeba. Elles
sont aidées par un membre du Forum de la jeunesse éthiopienne (au
premier plan, avec un tee shirt de l'UNICEF).
Il y a deux ans, le 16 juin, un groupe dynamique de jeunes Ethiopiens s'est réuni pour étudier de près le système éducatif du pays. Connu sous le nom de Forum de la jeunesse Ethiopienne, le groupe a fait pression sur le gouvernement pour aider les enfants, les filles en particulier, à aller à l'école.
Lors de la Journée de l'enfant africain 2004, ils ont lancé une enquête pour savoir qui étaient les enfants qui n'allaient pas à l'école et pourquoi.
Pour l'accès à l'éducation
Les enquêteurs ont interrogé 550 élèves dans 20 écoles élémentaires pour recueillir des informations dans le cadre du mouvement réclamant l'accès gratuit à l'éducation primaire.
Les résultats de l'enquête ont mis en lumière les difficultés que rencontrent les filles comme Meskerem Geremew, mais on constate déjà des améliorations. Il y a deux ans, Meskerem n'allait pas à l'école et travaillait pour aider sa famille à se nourrir. Aujourd'hui, à 12 ans, elle va à l'école tous les jours et a pour ambition d'enseigner l'anglais et de voyager.
Meskerem paie ses frais de scolarité en cirant des chaussures, métier
typiquement masculin, les soirs après l'école et les weekends.
"Je sais qu'il faut aller à l'école parce qu'un enfant n'est pas censé travailler, et je rêve d'être quelqu'un d'important plus tard," dit-elle.
Si ces dizaines de milliers de filles qui, comme Meskerem, vont à l'école en Ethiopie aujourd'hui, c'est essentiellement grâce à leur courage et détermination. Mais c'est aussi un témoignage rendu au travail du Forum de la jeunesse éthiopienne.
L'enquête révèle des difficultés
L'échelle de l'enquête menée par le Forum et soutenue par l'UNICEF était limitée mais elle a permis de rappeler que plus de 7,8 millions d'enfants éthiopiens - y compris 4 millions de filles - n'étaient pas scolarisées.
Les raisons de cette absence de scolarisation étaient étonnantes. La raison la plus simple et la plus importante (69 pour cent) était que les parents ne pouvaient pas s'acquitter des frais de scolarité. La deuxième raison (29 pour cent), qui en découle, c'est le manque de matériel scolaire; les familles ne pouvaient tout simplement pas se payer les fournitures nécessaires, comme les uniformes, livres, crayons et papier.
Autres obstacles : corvées domestiques (18 pour cent), corvée de l'eau (8 pour cent), école trop éloignée (13 pour cent) ou personne pour emmener l'enfant à l'école (7 pour cent).
"Pas de développement sans éducation"
"Ces problèmes existent depuis longtemps. Mais on les a souvent négligés," note Maekelech Gidey, Responsable de l'éducation en Ethiopie pour l'UNICEF. "Cette enquête en soi est une grande réussite. Nous devons faire encore plus pour poursuivre le travail à l'avenir."
Deux ans plus tard, on note des avancées significatives en faveur d'une éducation primaire gratuite pour tous, le Gouvernement Ethiopien s'étant engagé à y parvenir d'ici à 2015 dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement.
L'UNICEF travaille étroitement avec la Banque mondiale et d'autres partenaires pour favoriser l'accès à une éducation de base et de qualité en s'appuyant sur l'Initiative pour l'abolition des frais de Scolarité. Les droits et besoins des enfants exclus, marginalisés ou vulnérables sont la clé de voûte de ces efforts.
"Il n'y a pas de développement sans éducation," dit Elleni Muluneh, membre fondateur du Forum de la jeunesse Ethiopienne. "Plus nous éduquerons nos enfants, plus nous nous développerons à long terme. Peut-être qu'un jour nous pourrons mettre tous les enfants derrière un bureau d'écolier."
Voir la vidéo associée à cet article (en anglais)
Source : UNICEF, 15 juin 2006
mercredi 17 mai 2006
Dans la région de Gambella, une zone en proie à des troubles, un vaste plan pour ramener les enfants à l'école
Par Andrew Heavens
GAMBELLA, Éthiopie, 17 mai 2006 - Au cours de sa visite dans l'ouest de la région de Gambella, la Directrice générale adjointe de l'UNICEF, Mme Rima Salah, a présenté les grandes lignes d'un plan qui permettrait d'amener à l'école davantage d'élèves. Cette région isolée est l'une des plus agitées du pays.
Des enfants éthiopiens accueillent la Directrice générale adjointe de l'UNICEF, Mme Rima Salah, à l'école élémentaire d'Elia.
Mme Salah a déclaré que l'UNICEF était prêt à aider le gouvernement à créer des zones refuges autour des écoles, des zones à l'intérieur desquelles les jeunes se sentiraient suffisamment en sécurité pour aller en classe. La suggestion de créer des « zones de paix » autour des écoles de Gambella a été émise lors d'une réunion avec le Président de la Région, M. Omot Obang Olom.
« Ici, à Gambella, comme nous en avons débattu avec le Président, le problème essentiel est celui de la sécurité » a dit Mme Salah après la réunion. « À l'UNICEF, nous avons acquis beaucoup d'expérience dans la création de zones de paix pour la vaccination des enfants, autour des écoles et dans le cadre d'autres actions. Les zones de paix sont importantes car elles rapprochent les gens ».
Mme Salah s'est déplacée à Gambella après avoir prononcé le discours liminaire de la Seconde conférence sur la politique internationale concernant l'enfant africain, organisée par le Forum sur la politique concernant l'enfant africain. Cette réunion s'est tenue les 11 et 12 mai, dans la capitale de l'Éthiopie, Addis Abeba, au Centre de conférences des Nations Unies.
La création de zones de paix
La région de Gambella est agitée depuis longtemps par des luttes ethniques entre groupes autochtones, les Ethiopiens des « hautes terres » et des populations venues du sud du Soudan, après avoir franchi la frontière « passoire ». Le mois dernier encore, des voleurs de bétail venus du Soudan auraient tué de nombreux Ethiopiens au cours de leurs incursions.
Ceci a entraîné une tension dont les effets ont été désastreux sur l'éducation des enfants de la région, a indiqué le Représentant de l'UNICEF en Éthiopie, Bjorn Ljungqvist, qui accompagnait Mme Salah lors de son voyage.
« Dans tous les cas d'urgence, les écoles sont les premières
institutions à souffrir, notamment dans les zones de conflit », a-t-il
dit. « L'enseignement cesse de fonctionner presque immédiatement car
les enseignants ne se sentent pas en sécurité dans leurs écoles. Les
enfants ne sentent pas non plus assez en sécurité pour aller à pied à
l'école ».
Les deux représentants de l'UNICEF ont précisé que le président régional s'était montré enthousiaste à l'idée de créer des zones de paix dans la région de Gambella. L'équipe de l'UNICEF chargée de l'éducation dans le pays et le bureau régional installé dans la ville de Gambella vont à présent préciser cette idée de façon détaillée en organisant des réunions sur le terrain avec l'administration et des groupes autochtones.
Des habitants de la ville de Gambella se baignent dans la Baro, une rivière infestée de crocodiles qui traverse la ville.
La voie de la réconciliation
Si le plan obtient un feu vert officiel, on va demander aux communautés locales de proposer leurs propres solutions pour sécuriser sur leur territoire les trajets des enfants, lorsqu'ils vont à l'école et en reviennent. Mme Salah a dit que la réunion de populations, pour se mettre d'accord sur des zones de sécurité autour des écoles, amenait souvent des groupes en guerre à se rapprocher et avancer ensemble sur la voie de la réconciliation.
« Il y a trois ans, au Libéria, nous avons lancé la première campagne de Retour à l'école, après dix années de guerre », a-t-elle rappelé. « Nous avons vu des enfants qui allaient à l'école en portant leurs livres, au lieu de porter des armes. Pour nous, l'éducation amène la paix et les enfants sont les messagers de la paix ».
M. Ljungqvist a déclaré qu'il avait les mêmes espoirs pour Gambella.
« Ici, à Gambella, les populations connaissent depuis bien longtemps la souffrance, les menaces et l'insécurité » a-t-il dit. « La meilleure façon de faire changer les mentalités, c'est de commencer par les enfants ».
« Aujourd'hui, les choses ont très bien commencé. Nous sommes tous les deux très heureux que le président, ici à Gambella, ait dit qu'il s'agissait d'une bonne idée. Nous espérons que cela va avancer très vite car la nouvelle année scolaire démarre en septembre ».
Source : UNICEF, 17 mai 2006
samedi 1 octobre 2005
Le foot sauve de jeunes vies
Yidnekachew a vingt ans et sa passion, c’est le foot. Il a
terminé le lycée depuis un an, mais les résultats obtenus à l’examen
national de fin d’études étaient insuffisants pour qu’il puisse entrer
dans une fac ou une université d’Etat.
En
attendant l’occasion de recevoir une formation technique qui lui
permettra de réaliser son rêve (devenir ingénieur des ponts et
chaussées afin de construire des routes en Ethiopie), il consacre tout
son temps au ballon, en tant qu’entraîneur d’une bande d’adolescents
qu’il a adoptés dans son quartier.
« Je suis fou du foot, admet Yidnekachew. Après le lycée, je n’avais rien à faire. Il y avait une bande de jeunes qui se réunissaient régulièrement pour jouer au foot dans les rues de mon quartier. Un jour, je leur ai demandé s’ils voulaient de moi comme entraîneur et ils ont accepté. »
Tels furent les humbles débuts d’un club de foot à la vocation importante.
Le football est l’une des stratégies dont se sert l’Association Tabor Wegagen contre le sida, un groupe composé d’adolescents d’Awassa, capitale de la Région des Nations, Nationalités et Populations du sud de l’Ethiopie (SNNPR). L’association a également mis sur pied un petit cirque et une troupe de théâtre.
Les jeunes passent leur temps au club de foot au lieu de traîner pendant des heures dans les rues d’Awassa. Ils évitent ainsi des situations susceptibles de les entraîner vers de mauvaises habitudes, comme de boire de l’alcool, mâcher du chat ou utiliser des substances créant une dépendance, ce qui mène à des comportements sexuels imprudents, avec risque de contracter le virus du VIH/SIDA. La compétition entre les clubs fournit aussi un spectacle sain pour des centaines d’adolescents qui viennent voir jouer leur équipe favorite.
L’association profite des matches de football pour faire passer des messages de sensibilisation sur le VIH/SIDA au public venu assister aux rencontres. De plus, elle forme les membres de l’équipe pour qu’ils deviennent eux-mêmes éducateurs, car les jeunes sont souvent plus influents et plus convaincants auprès de leurs congénères quand il s’agit de persuader ceux-ci d’adopter des habitudes saines. Les athlètes, qui ont tendance à occuper la première place sur l’échelle sociale des ados, sont particulièrement efficaces et influents.
Le service que fournissent ces jeunes est réellement important, car avec leurs congénères, ils représentent un groupe phare pour la prévention et le contrôle du VIH/SIDA. Au seuil d’une vie sexuellement active, ils sont à l’âge où on peut encore les convaincre d’adopter des habitudes saines.
« La possibilité d’obtenir une éducation de haut niveau et un bon emploi est limitée ; les jeunes sont témoins de la pauvreté et des difficultés économiques qui les entourent, explique M. Ibrahim Jar, représentant de l’UNICEF. On comprend qu’ils ressentent une grande insécurité quant à leur avenir. Instiller à ces jeunes une certaine confiance en soi et un sens de leur propre valeur est essentiel pour la prévention du VIH/SIDA. Si quelqu’un a l’impression que sa vie sert à quelque chose et a un sens, il est beaucoup plus facile de corriger ou changer les habitudes qui pourraient mettre cette vie en danger. »
C’est cette philosophie que l’UNICEF met en application dans ses programmes de prévention du VIH/SIDA parmi les jeunes, et c’est pourquoi le terrain de foot est un lieu où il est logique de se retrouver.
Source : UNICEF































































































